Un grand merci à Rozenn, cogiteuse ayant accepté de prendre la parole suite au parcours de remédiation cognitive afin de nous partager son retour d’expérience. Merci pour votre temps et votre témoignage.

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Rozenn, je vis près de Quimper dans le Finistère sud depuis une quinzaine d’années. J’étais manager commercial dans un grand groupe. J’ai aujourd’hui 52 ans.

 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours thérapeutique et quels types de troubles cognitifs vous ressentiez ? 

On m’a diagnostiqué un cancer du sein en novembre 2024, à l’occasion de la première mammographie de contrôle, pour mes 50 ans…

Je n’avais aucun signe pouvant laisser supposer qu’une telle maladie était là et aucun facteur de risque ni prédisposition génétique/héréditaire.

J’ai subi une tumorectomie en décembre 2024, 6 cures de chimiothérapie entre février et juin 2025, 25 séances de radiothérapie en juillet et août 2025. Je suis sous hormonothérapie depuis octobre 2025.

J’ai énormément souffert de la chimiothérapie, j’ai eu de lourds effets secondaires dès le début.

J’ai commencé à avoir des pertes de mémoire très importantes avec la chimiothérapie, ainsi qu’une grande fatigue morale et intellectuelle, et de grosses difficultés à me concentrer. Je suis toujours en arrêt maladie.

 

Comment avez-vous connu le parcours de remédiation cognitive onCOGITE ?

Je l’ai connu grâce à LinkedIn, réseau social que je consulte beaucoup pour ma vie professionnelle et personnelle.

J’ai aussi entendu parler du parcours de remédiation cognitive à l’occasion d’activités auxquelles je participais, grâce aux autres participantes. Bref, le bouche à oreilles.

Et j’ai lu dans le détail les publications de Rose Magazine, j’en passais du temps en salle d’attente ! J’y ai trouvé des articles sur onCOGITE.

 

Quel était votre ressenti avant de commencer le parcours ?

Me confronter à mon état. Je me sentais très diminuée intellectuellement, et surtout épuisée.

J’avais une énorme crainte : ne jamais récupérer pleinement mes facultés cognitives.

Le principe de la visio n’a pas été un frein, je préférais être en groupe plutôt que seule derrière un écran. Et je me sentais démunie sur ces questions.

 

Comment s’est passé votre parcours ?

Le parcours de séances d’1h30 s’est parfaitement déroulé. J’ai suivi scrupuleusement les consignes, c’est très important : être régulière dans la participation aux ateliers, définir une programmation et s’y tenir (sauf cas de force majeure bien entendu), ne pas faire d’exercices en solo sur la plateforme avant d’avoir fait au moins 10 séances sur un atelier en visio, réviser juste quand on nous le conseille, ni plus ni moins.

L’ambiance a toujours été bienveillante, les neuropsychologues sont très professionnelles et les participants (une large majorité de femmes!) engagés et solidaires.

L’alternance entre le trombinoscope et l’association de 20 mots avec une photo est devenue rapidement un rituel hebdomadaire pour moi. Tous les lundis matins, onCOGITE était à mon agenda. J’ai commencé en septembre 2025.

 

Comment vous sentez-vous maintenant ?

Je me sens bien mieux. J’ai récupéré mes facultés cognitives. J’ai encore par moment des pertes de mémoire/de concentration mais sans commune mesure avec l’an dernier. Je suis rassurée également.

onCOGITE, c’est un dispositif unique en son genre qui m’a portée pendant 20 semaines. J’ai été enthousiaste, découragée, heureuse de voir mes progrès, démotivée et feignante aussi par moment… La vie quoi!

 

Pouvez-vous nous parler de votre reprise du travail ?

Malheureusement je n’ai pas encore repris. Non pas à cause de la maladie, heureusement pour moi, mais pour des raisons organisationnelles en lien avec la stratégie de mon employeur.

onCOGITE m’a permis de vivre correctement ces aléas, de me reconstruire un mental pour faire un bilan de compétences, et d’avoir de nouveau un avenir professionnel.

Au sujet de mon bilan de compétences, dit « sensible à l’expérience cancer », je tiens à remercier La Sorbonne. J’ai entamé cette démarche peu après avoir fini onCOGITE, j’y vois une certaine continuité, une complémentarité.

 

Avez-vous utilisé la web-application onCOGITiel et si oui, qu’en pensez-vous ?

Non, je ne l’ai pas utilisée. Je n’en ai pas ressenti le besoin dans la mesure où j’ai suivi les ateliers avec assiduité et en respectant les règles du jeu pendant 20 semaines.

 

Que diriez-vous à une personne ressentant des troubles cognitifs post cancer, qui hésite à se lancer dans le parcours onCOGITE ? Ou quel conseil pourriez-vous donner à une personne en début de parcours ?

Pour une personne en début de parcours : ne rien lâcher ! Il y a des phases de progrès, des phases de stagnation, mais au bout du tunnel il y a une grande lumière ! Les « règles du jeu » sont aussi indispensables à qui veut progresser sereinement. Il faut être bonne élève et assidue, mais pas trop non plus…

Pour une personne hésitante : se lancer n’engage à rien… Cela permet de sortir de son isolement, le coût est plus que modique (il peut être pris en charge par la Ligue Contre le Cancer) et c’est le seul outil à ma connaissance qui remuscle le mental pendant et/ou après les traitements lourds. Et si je témoigne c’est pour que d’autres que moi puissent aller mieux. C’est un parcours tellement difficile et long, il faut savoir accepter les aides proposées afin de retrouver confiance en soi.

J’ai fait un petit livre photos sur mon parcours, j’y suis représentée telle que j’étais, chauve pendant ma chimio, et avec ma nouvelle coupe de cheveux désormais. C’est une personne de ma famille qui a fait ces deux portraits très ressemblants.

 

 

Croquis Rozenn cogiteuse

 

Merci Rozenn pour votre témoignage qui va sûrement aider et rassurer de nombreuses personnes qui nous découvrent. Et si quelques-un-es souhaitent nous contacter ou partager leur retour d’expérience sur onCOGITE, vous pouvez envoyer un mail sur notre espace de contact. Belle suite pour vos projets !