Valérie prend la parole suite au parcours de remédiation cognitive afin de nous partager son retour d’expérience. Merci pour votre temps lors de nos échanges et pour votre mobilisation sur plusieurs événements onCOGITE !
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis Valérie, j’ai 62 ans, j’habite à Paris et suis en “vacances illimitées” autrement dit à la retraite depuis le 1er avril 2026. Auparavant, je faisais du coaching professionnel dans une grande entreprise.
Pouvez-vous nous parler de votre parcours thérapeutique et quels types de troubles cognitifs vous ressentiez ?
On m’a détecté un cancer du sein droit en février 2024 et j’ai été opérée en mars 2024. Malheureusement, de grosses complications s’en sont suivies, ce qui m’a contrainte à être opérée deux fois supplémentaires dont la dernière en urgence et avec une mastectomie partielle. J’ai dû commencer l’hormonothérapie avant la radiothérapie parce que j’avais de gros problèmes de cicatrisation. Donc j’ai eu de la radiothérapie de début à fin juillet : c’était une période de grand stress, d’angoisse et j’ai commencé à ressentir le fait que je n’étais plus aussi vive qu’avant. Après la radiothérapie, j’avais des problèmes de mémorisation, je cherchais mes mots… Je n’étais pas en capacité de lire plus de 5 pages d’un livre alors que j’étais une grande lectrice et je me suis inquiétée car je me suis dit : “est-ce que les choses vont redevenir comme avant ?”
Comment avez-vous connu onCOGITE et quel était votre ressenti avant de commencer le parcours de remédiation cognitive ?
Dans le cadre de l’unité thérapeutique de l’Institut Curie à Paris, ils proposent un certain nombre d’ateliers, d’activité physique adaptée… Et c’est là que j’ai découvert l’association onCOGITE ! Donc j’ai pris contact avec vos services, on m’a expliqué le dispositif : une vingtaine de séances d’1h30 toutes les semaines supervisées et animées par des neuropsychologues (en l’occurrence j’étais avec Nathalie) et j’ai entamé ce parcours avec confiance, enthousiasme et surtout avec l’envie de re-vibrionner mon cerveau car il était assez déconnecté.
Comment s’est passé votre parcours ?
J’avoue que le début était rude, tout simplement parce que lors des premières séances, je ne comprenais même pas les consignes qui étaient données. Et comme ce sont des séances en collectif, j’entendais mes pairs ayant plus d’ancienneté que moi qui répondaient du tac au tac. Je me suis dit : “vais-je redevenir comme avant ?”. Donc je me suis accrochée, j’ai vraiment été beaucoup soutenue par Nathalie, la neuropsychologue, et ça a été super important. Quelle victoire et quelle fierté au bout de 15 séances effectuées de m’apercevoir que oui, mon cerveau, mes neurones recommençaient à fonctionner ! Et c’était vraiment rassurant parce que les toutes premières séances je me suis dit : “je suis cuite, le cancer a eu raison de moi !”
Pouvez-vous nous parler de votre reprise du travail ?
J’ai continué les séances lors de ma reprise du travail en temps partiel thérapeutique début 2025, je me suis accrochée et in fine, je n’en ressors que des bénéfices. J’étais coach professionnelle et quand j’ai repris le travail, c’est clair que j’étais plus lente. Avant de tomber malade, je faisais entre 6 et 7 entretiens par jour et avec une énergie du début à la fin. Quand je suis revenue, c’est clair que je ne pouvais plus faire autant de rendez-vous. Le soutien des séances onCOGITE m’a permis de reprendre petit à petit un rythme. Je ne suis pas parvenue à reprendre mon rythme d’avant mais cela étant, j’ai retrouvé de l’énergie intellectuelle, de l’énergie tout court et je suis vraiment ravie de ce parcours qui m’aide encore.
onCOGITE a été un parcours riche, un parcours qui m’a apporté que des bénéfices. J’ai apprécié le fait de pouvoir échanger avec la neuropsychologue qui je le précise a été extraordinaire tant dans l’animation des séances que dans le soutien qu’elle a pu m’apporter. Elle était patiente, dans le non-jugement, disponible quand j’ai eu des moments de découragement, ça a été essentiel. Son soutien était un levier pour moi dans le parcours onCOGITE. Et puis ça aide à se reconstruire, à se projeter dans l’avenir et “revenir dans le monde des non malades”.
Comment vous sentez-vous maintenant ?
Effectivement, ma vie n’est plus comme avant, le cancer a rebattu les cartes, c’est clair. En revanche, ce parcours onCOGITE a vraiment contribué à ce que je reprenne confiance en moi, à retrouver ma mémoire immédiate et à diminuer de manière drastique mes problèmes de concentration. La fatigue et les douleurs articulaires sont malheureusement des effets secondaires de l’hormonothérapie, des traitements et du cancer en tant que tel. Je pense que si je n’avais pas fait le parcours onCOGITE, je n’en serais pas là aujourd’hui. Maintenant je peux lire, je ne m’arrête plus au bout de 5 pages. Et ça, c’est génialissime par rapport au début où je me disais : “aurais-je perdu toutes mes capacités ?”
Avez-vous une anecdote ou un retour à nous partager ?
De temps en temps, on avait des petits temps d’échanges avec les autres participants. Et c’est vrai que c’est aussi un moyen de moins se sentir seule et de se rendre compte que les participant-es qui avaient plus d’ancienneté que moi au début répondaient très vite. Au départ, je me disais qu’elles ne me laissaient pas le temps de réfléchir et je me suis aperçue que quand mon cerveau recommençait à re-vibrionner au bout de 15 séances, j’avais aussi l’envie de répondre du tac au tac. Et je me suis dit : “attention parce que tu vas peut être déstabiliser des participants qui viennent d’arriver”. C’est un point de vigilance que j’ai noté et que j’ai essayé de mettre en application, car c’est vrai que j’étais tellement contente de comprendre les consignes et de pouvoir suivre notamment la double tâche ! C’était une très belle expérience.
Comment avez-vous sensibilisé votre entourage aux troubles cognitifs post-cancer ?
L’objectif, c’était déjà de dire à mon entourage et à mes proches que : “je fatigue plus vite qu’avant, donc ne soyez pas étonnés si je cherche un peu mes mots”. Cela permet de se sentir plus à l’aise et en face, les personnes peuvent mieux comprendre cette fatigabilité. Dans toute la maladie, pendant et même après, heureusement qu’il y a l’humour. Cela m’aide et est très important car ça permet de prendre du recul.
Avez-vous utilisé la web-application onCOGITiel et si oui, qu’en pensez-vous ?
Je n’utilise pas forcément onCOGITiel autant que je le voudrais, en revanche, je me surprends très régulièrement à appliquer les exercices comme par exemple mémoriser les objets d’un endroit, à jongler avec des suites de chiffres…
Quel conseil pourriez-vous donner à une personne en début de parcours ?
Allez-y, foncez, accrochez-vous, ne baissez jamais les bras, ces séances sont entourées de plein de bienveillance et ce n’est que du bénéfice. Cependant, c’est vrai il faut s’accrocher. Mais le jeu en vaut vraiment la chandelle ! Bravo onCOGITE et merci !
Un petit mot pour la fin ?
Je n’hésite pas quand vous me sollicitez et que je suis disponible, à présenter onCOGITE et mon parcours auprès de toutes les personnes qui pourraient être intéressées ainsi qu’aux proches et professionnels de santé qui en parlent aux personnes concernées qu’elles accompagnent. Parce que pour moi, c’est un dispositif essentiel qui aide à se projeter dans l’avenir. Comme je le disais, ma vie est différente mais elle est aussi belle et je savoure les instants avec encore plus de bonheur.
Merci Valérie pour votre témoignage qui va sûrement aider et rassurer de nombreuses personnes qui nous découvrent. Et si quelques-un-es souhaitent nous contacter ou partager leur retour d’expérience sur onCOGITE, vous pouvez envoyer un mail sur notre espace de contact. Belle suite pour vos projets et sur onCOGITiel.
