Aujourd’hui, on vous partage l’interview de Lauriane, neuropsychologue ! Un grand merci pour ton temps et tes retours.
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Lauriane, je suis neuropsychologue depuis maintenant 16 ans et ça fait aussi bientôt 6 ans que j’anime mes ateliers pour onCOGITE !
Comment se déroule une séance de remédiation cognitive onCOGITE ?
On va accueillir tous les participants, mettre en place une ambiance détendue, avoir ce temps-là d’échanges informels pour prendre des nouvelles, mettre à l’aise tout le monde. Puis c’est le temps d’accueil aussi pour les nouveaux participants qui viennent pour la première fois où ça va permettre de les encourager, de leur donner les bonnes explications.
Il y a 1h30 de réentraînement cognitif avec un tas d’exercices qui s’enchaînent et qui vont travailler tout ce qui est : les capacités qu’on a besoin de travailler après les traitements oncologiques, la mémoire de travail, les fonctions exécutives, l’attention, etc. Il y a aussi des temps d’échanges. On va pouvoir expliquer les fonctions cognitives, expliquer en quoi cet exercice fait travailler telle capacité, faire des liens avec les capacités du quotidien qu’on met en œuvre, répondre aux questions, donner quelques conseils aussi parfois pour les aider à compenser certaines difficultés dans le quotidien.
Quels sont les objectifs de la neuropsychologue que tu es ?
Le premier objectif très important pour moi c’est de travailler sur la reprise de confiance en soi et en ses capacités. Ce sont des personnes qui ont eu un parcours de soins difficiles, la confiance en soi, l’estime de soi a souvent été ébranlée et là, les difficultés cognitives rajoutent une difficulté supplémentaire. Mon objectif c’est de pouvoir avoir la bonne phrase au bon moment, le bon encouragement, la bonne explication pour permettre de pouvoir continuer le travail en gardant vraiment foi en cette capacité à progresser.
Il y a le moment de la fin de l’atelier où on va prendre encore 5-10 min ensemble pour valoriser le travail qu’on fait les participants qui ont vraiment un engagement fort dans les exercices pour qu’ils / elles puissent aller vers du mieux-être sur le plan cognitif.
Parfois il y a des moments d’inconfort pour les participants. Pour le neuropsy, c’est vraiment ce travail d’accompagner les moments de découragement pour affronter les difficultés qu’il y a dans certains exercices tout en gardant confiance. Après mon 3ème objectif, c’est de travailler dans la bonne humeur, que le moment de ré entraînement cognitif ne soit pas juste du travail, on peut avoir une ambiance détendue, de l’humour, simplement avec quelques petites techniques d’animation !
Quelles sont les attentes des cogiteurs / cogiteuses ?
Au début, les premières séances, ça peut être de tout réussir, de tout récupérer en termes de capacité et que ça aille très vite. Et c’est le neuropsy qui va devoir expliquer que le ré entraînement cognitif ça ne se fait pas sur 5 séances. On ne récupère pas toujours forcément 100% des capacités mais on peut aussi apprendre à utiliser mieux les capacités qu’on a pour finalement être plus efficaces quand même.
Il y a des attentes de conseils aussi par rapport à cette fameuse reprise du travail qui est souvent stressante pour les participants. Et des besoins de réassurance, de petits conseils tout simples sur comment gérer la prise de note au travail etc. Un petit peu de psychoéducation aussi pour leur donner juste quelques pistes de réflexion qu’ils /elles vont pouvoir mettre en place par la suite. Il y a un vrai travail à faire sur les attentes magiques du début et puis les attentes à la fin qui peuvent tout à fait être différentes, plus apaisées et plus projetées vers l’avenir.
Peux-tu nous partager ton expérience, avec onCOGITE et avec les cogiteurs ?
Ma réponse va quand même être basée un petit peu sur les retours que me font les cogiteurs parce que c’est aussi ça qui fait la satisfaction du professionnel. Il y a pas mal de personnes qui parlent de progrès en terme de fatigabilité, de mobilisation de l’attention, sur les stratégies mnémotechniques et beaucoup me font des retours sur le fait qu’ils observent des améliorations au quotidien.
Et puis j’apprécie le fait d’avoir plusieurs mois pour accompagner les personnes. Ces mois là sont nécessaires en termes de réentraînement cognitif. Les études montrent qu’il faut plusieurs mois pour obtenir des résultats bénéfiques. Cela leur permet de passer aussi par toutes ces phases là : l’inconfort du début où on prend conscience de ses difficultés mais aussi d’avoir le temps d’avoir des semaines pour reprendre confiance et se projeter favorablement dans la suite.
Je vois vraiment des effets en terme de baisse de l’anxiété, baisse du stress, ils savent aussi lâcher prise par rapport aux enjeux de performance. Si les participants sont moins anxieux, ils ont une meilleure mobilisation cognitive et on est vraiment dans un cercle vertueux. Il y a chez certains qui ont vécu ce parcours de soins, un sentiment d’avoir été incompris dans leurs difficultés cognitives. C’est vrai que parfois on leur a dit : ne vous inquiétez pas, n’exagérez pas, c’est pas grave, c’est juste de la fatigue etc. Il y a le sentiment de n’avoir jamais été entendu dans les difficultés. Un certain nombre disent : « qu’est ce que ça fait du bien d’avoir un neuropsychologue qui vous dit que OUI il y a des difficultés », qui vous explique la difficulté et d’avoir un groupe de personnes qui dit : « oui nous on a la même chose que vous ». Il y a vraiment un soulagement exprimé de s’être senti-es compris-es dans ces ateliers.
Un immense merci Lauriane d’avoir accepté de participer à cette interview ! Pour plus d’informations sur la méthode onCOGITE, on vous laisse faire un tour sur notre méthode.
